Message de Catherine et Hélène Zay

Retenues ce jour même à Paris pour la cérémonie à la Sorbonne qui commémore chaque année l'assassinat de notre père, nous ne pouvons être parmi vous aujourd'hui, et nous le regrettons profondément. Nous voulons vous remercier très sincèrement, Madame la Députée- Maire, Mmes et Mrs les élus, pour la cérémonie que vous avez organisée en ce jour en mémoire de notre père : on nous l'a dit, vous avez souhaité insister sur le rôle de Jean Zay dans la création en 1939 du festival de Cannes , mis récemment en lumière par la pose d'une plaque dans le Palais du Festival : ce fut, on le sait, en même temps que la création d'un grand événement culturel, un geste politique de résistance aux régimes fascistes. Geste fort, symbolique de ce qui fut au cœur de son combat politique : la démocratisation de l'école et de la culture, la lutte contre toutes les discriminations, la défense des valeurs républicaines, alors mortellement menacées.

Jean Zay fut, tout au long de sa courte mais intense vie politique, au service de la jeunesse, dans ce grand ministère qui regroupait l'Education nationale et ce qu'on appelait alors les Beaux-Arts : « la jeunesse, écrit-il dans Souvenirs et Solitude, le livre qu'il écrivit dans la prison où l'avait jeté Vichy, fait partie intégrante de la nation. Elle doit représenter une pensée constante, sans cesse présente dans tous les ministères, dans toutes les mesures qu'on prend. Elle ne doit rester étrangère à aucun plan d'avenir. Elle doit inspirer et animer les grandes pensées gouvernementales... » Les réformes qu'il engagea, les idées qu'il défendit restent vivantes et fécondent encore notre présent, ainsi que vient de le souligner un récent colloque organisé à Paris par l'association des Amis de Jean Zay, sous la présidence d'Antoine Prost.

En ce jour anniversaire de son assassinat par des miliciens au service des ennemis de la République, nous tenons à vous dire toute notre reconnaissance pour ce bel hommage rendu à notre père.

Catherine et Hélène Zay, filles de Jean Zay